Le rendez-vous avec le Dr Jacquet, l’oncologue, prévu aujourd’hui a eu lieu par téléphone. Un transport aurait vraiment été trop pour maman. Ma sœur Flavie, François le compagnon de ma mère, et moi avons pu y participer. C’est incroyable comme maman décline rapidement. Depuis hier, elle ne peut presque plus parler. Le rendez-vous avec les soins palliatifs, qui était fixé pour le 10 mai, paraît inaccessible (11 jours !), et même l’avancer est devenu caduc ce soir – « ce ne sera pas nécessaire », m’a dit l’infirmière. Je retiens de cette journée difficile les moments où maman a si bien réagi aux situations que c’était comme si elle sortait de son état de maladie et de souffrance et redevenait elle-même : quand elle a tendu la main pour caresser la queue de notre chatte Tuline au passage ; quand elle a eu un haussement d’épaules alors que nous parlions des repas du week-end et que François a suggéré une tartiflette avec les pommes de terre données par notre cousine Maryse (un plat comme il les aime), cela nous a fait rire tous les deux ; ce soir, quand Tuline faisait toutes les bêtises possibles et qu’avec Valère, mon neveu que je venais de ramener de la gare, nous nous demandions ce qu’elle voulait, elle a dit, à peine audible « elle ne le sait pas elle-même ». Ne jamais oublier, quel que soit son état, qu’elle est là, qu’elle entend, et lui permettre de participer à ce qui se passe autour d’elle, à la vie où elle a pleinement sa place.
