1988 « Le temps venu de la souffrance insondable, de la descente aux enfers pas à pas, désespérée, de l’horreur d’une situation mal comprise, mal vécue, et dans laquelle le moindre de mes gestes, le plus banal des actes peut faire basculer à mon insu un monde, le mien. » 9 janvier 1991 (lettre au père Têtu) « Long préambule pour expliquer mon malaise discret, mais tenace. Je m’accroche à ce que j’aime et je n’y trouve pas d’écho. Sentiment très fort que tout ce que je peux faire, mettre en marche, ne repose sur rien de solide et que tout cela, je le fais pour rien. De là à penser que ce que je fais n’est rien… » 11 janvier 1991 (lettre au père Têtu) « Ma maladresse à lui dire cela m’a laissé un goût de médiocrité qui me fait mal envisager mon avenir proche. D’autant plus que cette incapacité, je la retrouve dans le choix d’un métier que je n’ai jamais envisagé pour moi que comme un échec d’avance. Comme si rien de ce que je peux entreprendre, excepté dans des domaines totalement personnels, ne puisse réussir. Même en partie. » juin 1993 Vous savez, cette incandescence lente qui consume des feuilles, des papiers, des journaux, qui brûle sans flamme et qui détruit inexorablement… Voilà ce que je ressens en moi, un rétrécissement obligé qui ne ressemble au grand incendie que par l’issue du combat.
