Deux mois aujourd’hui. Il pleut et les Pulsatilles, l’ensemble vocal que je dirige, vont donner ce soir la première représentation de leur concert de l’année ; c’est notre premier concert depuis un an et demi, depuis le confinement. Je me sens tranquille. Fin mai, alors que je finalisais le programme de ce concert, fait un peu de bric et de broc vu les difficultés à répéter durant cette année COVID, il m’est soudain devenu évident –entre le 28 et le 29 mai précisément– qu’il devait évoquer la mort de maman, alors que jusque-là c’est le contraire qui m’était évident. Évoquer l’année écoulée (c’est le thème du concert) en ignorant cet événement me paraissait soudain absurde. La pudeur n’avait plus lieu d’être. Et c’était facile de l’évoquer : maman avait demandé explicitement que les Pulsatilles chantent à son enterrement Demain dès l’aube, le poème de Victor Hugo que j’ai mis en musique il y a presque vingt ans. À travers ce morceau, elle participera à ce concert, le premier qu’elle n’entendra pas. Ce soir, elle sera là.