Cela fait au moins un mois que je sais que j’arrêterai ma chronique à peu près à l’anniversaire de sa mort, comme j’en ai eu l’intuition dès que j’ai commencé à faire un texte de nos écrits épars. Si proche du but, je n’y ai pourtant pas beaucoup travaillé ces derniers temps, par manque de temps certes, mais aussi par peur d’avoir terminé. Peur du vide lorsque je cesserai de parler d’elle et d’entendre sa voix. Aujourd’hui, cette crainte m’est apparue pour ce qu’elle est, un frein à la possibilité de vivre autre chose ensuite. Le plaisir que j’ai à écrire, je ne dois pas le différer par peur du lendemain. Cesser d’économiser ! J’ai tellement tendance à cultiver le passé. La vie ne s’use que si l’on ne s’en sert pas : la formule est banale, mais oh, comme maman serait d’accord avec cela ! Croire qu’après il y aura autre chose d’aussi intéressant, ce n’est pas rationnel, rien ne le garantit ; ce n’est pas non plus ce que m’enseigne l’expérience. Et pourtant, il y a une voix nouvelle, timide, mais enthousiasmante, qui me dit que cette confiance est la bonne attitude. Il ne s’agit pas d’une confiance naïve. Avoir cette attitude ne garantit pas qu’il arrive quelque chose. C’est simplement la bonne attitude parce que sans elle, rien ne peut arriver.
