Je retrouve ce rythme non pas épuisant mais juste lassant d’un appel, d’un message, suivi d’autres auxquels je n’ai pas envie de ne pas répondre mais dont seulement quelques-uns me sont indispensables. Pourquoi répondre alors que je n’en ai pas forcément le temps ni l’envie ou l’énergie ? Une parole qui m’est adressée et que je laisserais sans réponse n’est pas imaginable pour moi. Politesse ? Sympathie ? Reconnaissance ? Attention ? Sans doute chacune de ces quatre attitudes. Et justement ce sont des attitudes. Elles ne mentent pas, elles sont moi, un peu. Il y manque l’intérêt. Le désir profond d’entrer en relation avec une personne précise. Ma récente hospitalisation et la période de chimio préventive qui s’en est suivie m’ont permis de recevoir tant de messages d’amitié et d’affection que je n’en suis pas revenue. Encore aujourd’hui j’en suis stupéfaite. Mais j’aimerais tant répondre précisément à chacun que mes SMS qui répondent à des SMS, ou des mails me laissent frustrée en permanence… Je ne peux pas être intime avec 200 personnes, presque en même temps ! Restent les messages oraux, écrits de mes filles et de mes proches. Même courts, leurs messages sont justes, les miens aussi. Richesse incommensurable qui m’est donnée.
