Mon amie Valérie n’a pas le moral et m’écrit qu’elle est engluée dans des problèmes dérisoires. Elle dit dérisoires, parce qu’ayant perdu ma mère, je suis censée avoir une vraie souffrance, respectable. Et pourtant, le sentiment que j’ai éprouvé après sa mort, c’est exactement cela : une souffrance en pensant aux dernières semaines de maman, mais aussi l’impression que j’étais prise dans les mêmes problèmes qu’avant, seulement exacerbés par ma nouvelle situation, mais tout aussi minables qu’avant. Je pense aussi à ma sœur Isabelle, disant qu’elle pleurait pour de mauvaises raisons. Il est rare qu’on se sente simplement écrasé par des événements extérieurs. On se sent coupable de ses souffrances. Reconnaître ces mécanismes chez les autres me rapproche d’eux. D’autres frères et sœurs en humanité !