J’ai eu une enfance heureuse. Simple et heureuse. Pleine de certitudes sur la vie que j’aurai[s] de façon sûre, pleine d’illusions. Celles-ci ont été démenties mais sont demeurées en moi ces certitudes que je pourrai tirer le meilleur parti des choses et des êtres que je rencontrerai. Je n’ai pas écrit les livres que je pensais écrire. J’ai fait autre chose. Mes enfants m’ont surprise, secouée parfois, mais jamais déçue. Elles sont ce qu’elles sont mais leurs chemins sont intéressants et leur parcours riche. Pas de ligne droite évidemment. Qui peut y prétendre. Pierre, François ont partagé ou partagent encore mon propre chemin, sans quitter le leur. La notion de couple, la mienne autrefois, en a pris un coup, au profit de ma liberté et de la leur. Illusion et certitudes… Rien de très glorieux ni de très fort dans ma vie sauf ce curieux mélange qui me fait encore vivre. Et encore, les illusions sont de moins en moins fortes, remplacées par une lucidité incontournable sur les limites de chacun, aussi respectables que les miennes. D’ailleurs pourquoi parler de limites ? Les contours qui nous délimitent ne sont pas des frontières infranchissables et inamovibles. Il n’y a qu’à croire absolument aux évolutions permanentes que chacun peut réaliser, pour son propre compte. Grâce aux rencontres imprévisibles et grâce à cette volonté d’abord inconsciente puis peu à peu émergente, d’accepter modification de point de vue donc de comportement. C’est si simple…
