J’ai reçu aujourd’hui un mail de la Thé Box m’annonçant que Claude Rebotier m’offrait un abonnement de trois mois, trois boîtes de thés variés. C’était totalement improbable et je m’en rendais bien compte, et pourtant une part de moi voulait y croire – croire que maman, avant sa mort, m’avait commandé ce cadeau pour ma fête, pour qu’il m’arrive quand elle ne serait plus là. Cette part-là ne s’arrêtait pas aux invraisemblances ni aux incohérences, que maman par exemple, tant qu’à m’envoyer un message posthume, n’ai rien trouvé de mieux que de m’offrir du thé !, et je crois bien qu’à ce moment-là, j’ai pensé qu’elle n’était morte que depuis trois mois. J’ai mis plusieurs secondes ? Plusieurs minutes ? à comprendre que c’était un cadeau de ma sœur Isabelle, dont le nom apparaissait également dans le message. Et à vrai dire, il y avait un fond de pertinence dans ma confusion : maman aimait cacher des friandises, de petites surprises qu’on trouverait en son absence. Elle m’en mettait dans ma valise. Et il n’y a pas longtemps que je sais qu’elle n’a pas commencé avec moi, qu’elle le faisait aussi avec papa quand ils étaient jeunes. Un petit coucou, être un peu là quand on est loin.
