Mon amie Dulce, que je suis allée voir à Nantes, voulait des détails : les derniers mots de maman, les derniers livres qu’elle a lus. Je peux comprendre : elle a vécu cette mort à distance, elle est avide de ce qui la rapprocherait d’elle. Je ne pense pas avoir comblé son désir. Parce qu’il n’y a pas vraiment eu de derniers mots, parce qu’elle ne lisait plus depuis quelques mois, parce que ce que j’ai vécu en accompagnant maman n’est pas forcément là où elle le cherche, et n’est pas facilement communicable. Ma quête est semblable, lorsque je lis les écrits qu’elle a laissés, lorsque que je cherche les témoignages des gens qu’elle a côtoyés. Et comme Dulce, je reste sur ma faim.