Une bombe, ce carnet que je n’avais pas essayé de déchiffrer, je crois, depuis son écriture, dans une langue secrète que j’avais inventée. Je me souvenais bien avoir eu cette période passionnelle, mais en lire des témoignages, exprimés avec les points d’exclamation et le ton radical de l’adolescence, c’est saisissant. Lire que j’ai aimé si mal. En juillet 1988, j’avais 16 ans, et la négativité qui transparaît dans ces lignes est effrayante. La lucidité aussi, je comprends bien que le piège dans lequel je suis prise n’a pas d’issue. Quelle tragédie. Je préfère malgré tout la vérité, et je remercie la jeune fille que j’étais d’avoir laissé ces traces.
